Hier à 10 h 45, le « TGV neige » reliant la Bretagne à la Savoie s'est immobilisé en pleine campagne à Pont-de-Veyle, la motrice arrière en flammes.
Il était 10 h 45 hier quand le TGV Nantes-Bourg-Saint-Maurice s'est immobilisé en pleine campagne, peu après la gare de Pont-de-Veyle. "J'étais chez moi quand j'ai vu mes poules traverser la cour pour se réfugier dans un coin. Intriguée, je suis sortie, et j'ai entendu une petite explosion, puis j'ai vu des flammes" témoigne une habitante dont la maison donne sur les voies. Elle a alerté les pompiers qui se sont rendus en masse sur place, entre Mâcon et Bourg-en-Bresse. Une trentaine d'hommes venus des casernes de Bourg-en-Bresse, Feillens, Pont-de-Veyle et Saint-Jean-sur-Veyle. "Nous avons attaqué les flammes sur la motrice arrière avec des lances à mousse, particulièrement efficaces sur ce type d'incendie, où de l'huile est présente en quantité" résumait hier le capitaine Laupretre, le chef de colonne qui commandait les manœuvres de secours, "fort heureusement aucun passager n'a été blessé". Ils étaient 441, selon les décomptes effectués par les soldats du feu, à avoir pris place dans ce train à grande vitesse. Un TGV « double rame » parti de Bretagne à l'aube. Une première rame, la 5308, venait de Nantes et arrivée au Mans elle a été associée avec la rame 5310 venant de Rennes. Comme la plupart des TGV qui devaient traverser l'Ain hier, il s'agissait d'un « TGV neige » transportant des vacanciers vers les stations de sport d'hiver de Savoie.
Aucun des passagers, n'a été blessé; Les passagers ont dû patienter trois quarts d'heure avant de pouvoir mettre le nez dehors. Les plus éloignés du sinistre ont pu emmener leurs bagages, alors que les autres n'ont pris que le strict nécessaire. Ils ont été pris en charge par les pompiers et les gendarmes, mais aussi des habitants qui ont proposé spontanément leur aide. Ils ont été divisés en deux groupes et encadrés par les secours. 132 ont rejoint à pied la salle polyvalente de Pont-de-Veyle et 309 le complexe sportif de Saint-Jean-sur-Veyle. L'un des passagers racontait l'incident: "On a senti le TGV s'arrêter, sans que l'on sache pourquoi. On s'est penché et on a vu de la fumée noire s'échapper de l'arrière. C'est quand on a commencé à voir des gens marcher le long de la voie que l'on est descendu et que l'on aperçu les pompiers. Je me suis ensuite approcher pour prendre des photos et c'est là que les flammes ont commencé à jaillir. C'était impressionnant." En début d'après-midi une dizaine de cars les ont emmenés à Bourg-en-Bresse où les attendait un TGV de secours qui est parti à 15 h 30. Les « naufragés » du rail devaient arriver en Savoie vers 19 heures. Toute la circulation a été interrompue sur la ligne et une demi-douzaine d'autres TGV ont été détournés par Lyon Part-Dieu. Ce n'est qu'à 18 h 50, quand tout danger était écarté après reconnaissance sur la motrice avec des caméras thermiques que le trafic a repris sur la voie 2. Le train a été tracté et les travaux de remise en état de la voie 1 devaient se poursuivre toute la nuit.